Le marché du cheval

Etat des lieux

L’équitation est un sport équestre très plébiscité en France, 3ème fédération sportive avec 643 627 licenciés, dont 534 112 femmes, ce qui en fait également la 1ère fédération féminine.

Depuis quelque temps, le monde du cheval se voit bousculé par nombre de désagrément, la hausse de la TVA, la baisse du pouvoir d’achat, les nouveaux rythmes scolaires... La crise touche de plein fouet le monde équin.

L’élevage de chevaux, son commerce et les centres équestres sont les plus touchés. en effet la hausse de la TVA fait des dégâts, de 5,5% à 20%, les marges sont réduites au minimum, certains professionnels n’ont même pas survécus. Ajouté à ça, la baisse du pouvoir d’achat qui donne à réfléchir à deux fois à pratiquer ses loisirs et à acheter sa propre monture, et les changements de rythmes scolaires qui diminuent les créneaux pour les enfants, la filière toute entière souffre.

Malgré tout, le cheval et l’équitation ont toujours une place très importante dans le coeur des français.

Le marché du sport-loisirs équestre

La tendance actuelle de la pratique de l’équitation se porte sur le sport-loisirs, en effet, prêt de 75 % des équidés achetés, le sont pour une utilisation en sport-loisirs.

Plus précisément dans ce secteur, les loisirs représente 64 % des chevaux achetés et le sport 36 %.

Le concours hippique (CSO) reste prédominant face aux autres disciplines équestres, 50 % des équidés sont achetés pour cette discipline.


La réalité du marché du cheval en 7 dimensions

La fragmentation de l’élevage équin

Du côté de l’offre la fragmentation est forte, au niveau numérique on recense prêt de 46 000 naissances de chevaux et poneys pour 35 684 éleveurs, au niveau géographique on peut en trouver partout et au niveau économique on peut s’apercevoir qu’il n’y a pas forcement de recherche de revenu, en effet l’élevage «plaisir» est réel mais déstabilisant pour le marché. Du côté de la demande, deux remarques, de nombreux acheteurs divers et variés un peu partout géographiquement et des moyens financiers très variables.

L’opacité du commerce de chevaux

Cet état du marché est très frappant en comparaison à tout autre marché quel qu'il soit. Deux observations l’explique : la première est qu’il n’existe pas d’information instantanée, pas de cotation en temps réel comme la criée et le cadran dans le marché de la pêche. La deuxième observation est qu’il n’existe pas non plus de référence à posteriori, aucun chiffre ni vente analysé, sauf pour les enchères mais il s'agit de données en trop faible quantité pour être représentatives. Malgré tout, des études nationales sur les prix de vente sont réalisées pour aller vers un référentiel et un suivi micro-économique. La société Mondial Horse a notamment lancé son site cheval-eval.fr, pour permettre d’estimer le prix d’un cheval très facilement.

La tension dans les styles d’équitation

Le monde du cheval sport-loisirs connaît des tensions, face à l’équitation classique, issue des arts militaires avec des valeurs viriles, performantes et compétitives, arrivent de nouvelles cultures de la pratique de l’équitation dites alternatives, avec des valeurs plus affectives, féminines, hédonistes, juvéniles et «loisir». Les conséquences sur le marché, de plus en plus de races étrangères et le cheval de trait tendant vers le sport et le loisir.

La faible organisation du commerce français de chevaux

Seuls les marchés de la viande et des courses sont organisés, alors que le marché du cheval de sport-loisirs connaît très peu d’interfaces organisées. L’utilisation du bouche à oreille et les quelques foires et compétitions ne suffisent pas à une organisation performante. Internet tend à améliorer la manière de faire du commerce, avec un engouement grandissant : 4 achats sur 10 se font après un repérage sur Internet, comme l’exemple du site LeCavalier.fr, lancé par la société Mondial Horse.

La concurrence libre du commerce de chevaux

En un mot, la libre concurrence. Très peu de régulation, les installations, la production et le commerce de chevaux sont libres. Le marché est très concurrentiel sans structure collective. Le marché est cependant en expansion et non saturé.

La passion du cheval et de l’élevage

Le monde du cheval, et de là, le marché du cheval est un monde de passion, avec des producteurs qui ont la passion de l’animal, de l’élevage. Cependant cette passion ne rend pas le marché si irrationnel car les éleveurs ont souvent de doubles actifs, certains gagnent leur vie avec des choix rationnels, le marché existe.

La diversité de chevaux, de cavaliers et de pratique de l’équitation

On trouve sur ce marché des usages très différents, le sport avec de la compétition de niveau club, amateur et professionnel dans des disciplines toutes aussi variées, CSO, CCE, dressage et d’autres plus originales : endurance, horse-ball, polo. Le loisir avec des pratiques diverses, la voltige, les pony games, le western et bien sûr la randonnée équestre. Les cavaliers sont aussi variés que le marché : tous les âges et CSP sont représentés avec un nombre de cavaliers de plus en plus important chaque année et des niveaux de performances attendus très variés.

Un décalage entre offre de chevaux et demande de cavalier

On peut aussi souligner un problème majeur dans le commerce de chevaux : le décalage entre l’offre et la demande. En effet, on trouve d’un côté, plus d’un tiers des naissances en ONC, et du côté opposé, prêt de 60 % des éleveurs cherchant à produire pour le haut niveau. Quand on sait que 64 % des chevaux achetés le sont pour du loisir, on peut se poser des questions. On a une majorité de demandes vers le loisir, et une minorité, seulement 15 % des éleveurs, pour le produire.

Quelques chiffres du commerce de chevaux et de prix d’achat

Voici maintenant quelques chiffres expliquant l’importance du commerce de chevaux en France (source IFCE-SIRE).

91 592
renouvellements de carte d’immatriculation en 2015
  • chevaux de courses : 23 635
  • races françaises de selle : 32 906
  • races étrangères de selle : 6 570
  • poneys : 18 263
  • chevaux de trait : 6 586
  • ânes : 3 632

Soit une évolution de 9,65 % par rapport à 2014.

83 529
renouvellements de carte d’immatriculation en 2014
12 096
importation de chevaux en 2015

Contre 12 298 en 2014, soit une très légère baisse de 1,64 %.

Prix d'achat moyens en 2015

10 256 €
chevaux de courses
4 409 €
chevaux d’élevage
1 404 €
chevaux de promenade

1 666 €
chevaux de travail
1 025 €
Instruction sans compétition
3 934 €
Instruction avec compétition

1 855 €
Sport-loisirs sans compétition
6 601 €
Sport-loisirs avec compétition
8 046 €
Compétition uniquement